Shlømo : la bonne équation techno

« Dans tout ce que je fais, je cherche forcément l’émotion. »

Nouvel espoir de la scène électronique à la française et fondateur du brillant label Taapion, Shlømo arrive dans le game avec une vision de la techno bien singulière. Lumière sur le personnage et sur cette formule qui marche.

Publié dans Trax Magazine #176 (octobre 2014)
Par Sylvain Di Cristo

 

2005, Paris, Pigalle, Shaun Baron-Carvais est chez lui, dans son petit home-studio qui compte déjà une vingtaine de machines chinées sur eBay. Avec un ami, le grand timide de 18 ans fait tourner sa 707 en claquant des accords sur le Kawai SX-240, Yamaha CS-15 ou le Juno 106. Le bœuf dure des heures, on se croirait dans une bande-son de Besson, un Grand Bleu sous ecstasy, un Éric Serra sur dancefloor.

Shlømo apparaît quelques années plus tard, après avoir digéré une vie d’Aphex Twin, de Board Of Canada et de house de clubs parisiens. “Je sortais en boîte et je voulais produire des morceaux qui pourraient y passer, même si je suis plutôt du genre à rester enfermé avec mes potes, mes machines et moi.” Il finit par délaisser la deep house au profit de la techno et l’inscrit comme étendard du label Taapion qu’il fonde avec Adrien Ozouf et Adrien Garin en 2013. Mais il y a un petit quelque chose en plus dans sa techno : un grain d’émotion. “J’ai créé Taapion à l’image de la musique que j’aime vraiment, une image qui mélange musique de film, ambient, electronica et techno. Il faut que lorsque tu fermes les yeux, tu vois une scène cinématographique. Dans tout ce que je fais, je cherche forcément l’émotion.”

 

Et ça marche. Shlømo signe le premier EP de la maison, son premier live au Rex, se fait charter par Resident Advisor et approcher par du beau monde. Sur son agenda figure actuellement le nom d’Ilario Alicante, qui lui demande un remix sur son label Deep Moves. Le label hollandais Delsin lui promet la signature d’un EP, et un album serait déjà dans les tuyaux. Shlømo aurait-il trouvé la bonne formule ? “La bonne formule, je ne sais pas, mais je pense avoir trouvé mon identité, et à mon avis, c’est le plus dur dans la musique. Ça fait hyper plaisir de savoir que son travail est apprécié, parce qu’on se dit que la vision qu’on a de la musique n’est peut-être pas si erronée que ça ! Dans le fond, il y a une voix qui te dit ‘Continue.’ Et ça, c’est plaisant pour un mec comme moi, éternel insatisfait. »

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Brieuc Weulersse

 

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