10 albums parfaits pour faire l’amour

Saint-Valentin, OST.

Vous le savez sûrement (même si certains font semblant de ne pas être au courant), dimanche, c’est la Saint-Valentin. Nous allons vous épargner le speech cliché sur les tourtereaux, les roses rouges et l’aspect commercial de la chose, et simplement vous proposer notre playlist des dix meilleurs albums pour l’occasion, et quand on dit « l’occasion », on veut parler de l’acte sexuel.

Nous ne vous croirons pas si vous nous dites que vous – mélomanes notoires – n’avez pas, au mieux, une playlist dédiée (dont l’intitulé est d’ailleurs toujours source d’une bonne grosse poilade et mériterait presque son top à lui ; celui des meilleurs noms de playlists pour faire l’amour), au pire, un album fétiche qui réveille l’animal en vous. Voici les nôtres.

Publié sur Traxmag.com le 12/02/16
Par la rédaction de Trax Magazine

1/ Bernard Parmegiani ‎– Pour en finir avec le pouvoir d’Orphée

[INA-GRM] (1979)
Par Christian Bernard-Cedervall

 

Sans doute l’œuvre la plus intense qu’il m’ait été donné d’entendre, aussi, sur un coup de tête, j’ai naturellement tenté de l’imposer en bande sonore d’ébats nocturnes. À ma grande surprise, aucune contestation n’est apparue, et l’expérience a donc été renouvelée, avec discernement.

  • Endroit idéal : dans un lit solide.
  • Moment idéal : en pleine montée.
  • Intensité : hard.
  • Titre climax : « Faire ».
  • Accessoire conseillé : solide le lit.

2/ Sébastien Tellier – Sexuality Remixes

[Record Makers] (2010)
par Arnaud Rollet

 

Si l’album Sexuality de Sébastien Tellier sorti en 2008 est déjà un sympathique aphrodisiaque en soi, c’est bien avec son pendant remixé pondu en 2010 que votre partenaire vibrera le plus lors de cette Saint-Valentin. Il faut dire qu’on y retrouve de sacrés coquins (A-Trak, Floating Points, SebastiAn, Boys Noize…) et des ambiances suffisamment bigarrées pour inciter les couples à se laisser emporter et à réaliser leurs fantasmes les plus inavouables.

  • Endroit idéal : dans un grand lit à baldaquin, une plage paradisiaque ou la chambre d’un motel miteux pas loin d’une aire d’autoroute. Ça dépend des morceaux.
  • Moment idéal : à toute heure.
  • Intensité : de soft à hard, selon les envies
  • Titre climax : « Fingers of Steel » remixé par Hypnolove. Une bombe qui donne envie de rajouter des déguisements dans l’affaire, façon noblesse décadente.
  • Accessoires conseillés : du champagne au frais pour se réhydrater entre deux sessions de va-et-vient.

3/ Ajja & Cosmosis ‎– The Alien Jams – Live at the HR Giger Museum

[Peak Records] (2014)
Par Thémis Belkhadra

Difficile d’imaginer qu’une collaboration entre les deux monstres de la psytrance que sont Ajja et Cosmosis ait sa place dans un tel top. Et pourtant… Cet album délicieux — freestyle live enregistré en 2011 — est une valeur sûre pour les amateurs de plaisirs tendres et sensuels. Pendant plus d’une heure, The Alien Jams fait régner une atmosphère relaxante, qui calme les esprits et éveille les corps. Ses riffs de guitares mélodieux sont véritablement aphrodisiaques. Et, associés aux rythmes tribaux et aux sonorités acides de la trance goa, ils assurent un moment d’oubli inédit. Chaque fois que l’ambiance cosy et intime manque de tomber dans le kitsch, un nouveau tempo surprend, et relance l’excitation jusqu’aux dernières notes, de ce disque qu’on imaginait déjà durer des heures. The Alien Jams est vite devenu pour moi une arme secrète qui, je l’avoue, n’a jamais manqué sa cible.

  • Endroit idéal : sous les palmiers.
  • Moment idéal : au lever du soleil, après avoir dansé toute la nuit.
  • Intensité : soft/médium, selon les morceaux.
  • Titre climax : « Desert Dawn« 
  • Accessoires conseillés : un bandeau pour les yeux, l’huile de massage et les mains douces.

4/ Gotan Project – La Revancha Del Tango

[XL Recordings] (2001)
Par Florian Bardou

Avec l’un de mes ex, je crois que j’ai dû faire l’amour dessus une bonne dizaine de fois : c’était chaud. Mais cet album m’a surtout accompagné un an durant, le long des avenues de Buenos Aires il y a presque cinq ans de cela. Je m’imaginais aussi une romance enflammée avec un bel Argentin sur une terrasse de la ville qui ne dort jamais.

  • Endroit idéal : sur un lit une place, dans une chambre de bonne. 
  • Moment idéal : à minuit.
  • Intensité : soft passionné.
  • Titre climax : l’instru violon sur « Tríptico« .
  • Accessoires conseillés : des slips blancs.

5/ Shlohmo – Bad Vibes

[Friends of Friends] (2011)
Par Mélissa Blum

Paradoxalement, « Bad Vibes » est un opus réconfortant et ressourçant. Sous ses airs de beatmaker du ghetto, Shlohmo dévoile ses côtés tendres et câlins les plus enfouis. Un peu à la manière de Burial dans le contraste de ses sonorités et de Lapalux dans une électro aérienne, c’est un bonheur pour les amoureux des ébats langoureux et intenses.

  • Endroit idéal : dans la salle de bain surchauffée d’un chalet à la montagne ou la tente d’un camping envahie par la pluie (pour étouffer le bruit).
  • Moment idéal : en fin de journée.
  • Intensité : soft
  • Titre climax : « Just Us« 
  • Accessoires conseillés : de l’huile de massage, histoire de réchauffer tout ça.

6/ Jimmy Edgar – XXX

[!K7] (2010)
Par Léo Ferté

On aurait pu choisir Caramel de Connan Mockasin, mais dans le genre album qui sens bon le coït, XXX est la perle rare, le Abbey Road du sexe, tant ce deuxième album de Jimmy Edgar transpire le plaisir charnel. Avec son titre annonciateur, ce disque sorti sur !K7 en 2010 nous met déjà la puce à la verge, idem pour les titres des morceaux, « Hot, Raw, Sex », « Function of Your Love » ou encore « Physical Motion ». Il y a quelque chose de foutrement sexy dans ce petit bijou.

Si le producteur de Detroit, sûrement l’un des plus doués de sa génération, nous a habitués à une techno, disons-le, un peu bête mais toujours singulière, il s’écarte de temps à autre du classique 4×4 pour dévoiler sa corde sensible, comme sur ce XXX ou plus récemment en duo avec Machinedrum sous l’alias J.E.T.S… C’est peut-être cette facette musicale qui nous attire le plus, celle où le boss d’Ultramajic s’éclate sur ses claviers vintage pour créer un disco-funk futuriste hyper breaké, Aphextwinesque dira-t-on, avec des vocals pitchés qui nous ordonnent de faire du sexe.

  • Endroit idéal : dans une suite qui donne sur la skyline d’une ville qu’on imagine ressembler à un audacieux mélange entre l’univers de GTA Vice City et celui du Cinquième Élément.
  • Moment idéal : coucher de soleil, disco-funk sexy oblige.
  • Intensité : en decrescendo. Hard au début, vitesse de croisière au milieu puis soft sur la fin, pour un atterrissage réussi.
  • Titre climax : on balance entre « Rewind, Stop That Tape » et « Physical Motion« .
  • Accessoires conseillés : un gode-ceinture bionique en mode beat repeat, et beaucoup, beaucoup de lubrifiant.

7/ Massive Attack – Mezzanine

[Circa/Virgin] (1998)
Par Sylvain Di Cristo

J’ai connu le meilleur album de trip-hop de tous les temps par le meilleur groupe de trip-hop de tous les temps bien trop tard. Mais ça, je m’en suis rendu compte qu’une fois ce chef-d’œuvre de la musique électronique – mausolée du sombre, temple du sensuel, faramineux château de sexualité – testé en bande-son de mes ébats amoureux, parce qu’avant ça, je ne l’avais jamais vraiment écouté. À partir de là, on devient exigeant ; on finirait presque par ne plus rien accepter d’autre, ni SUUNS, ni BONES, ni Nine Inch Nails, ni Mr Flash, ni Paradis, ni Pink Floyd, ni Gainsbourg, ni même Marvin Gaye ou, pire, Barry White.

  • Endroit idéal : dans le plus grand lit d’un hôtel un peu crade d’Istanbul.
  • Moment idéal : en pleine nuit d’été, à la lumière de la lune, qui ne fera que suggérer les contours de votre partenaire.
  • Intensité : vous allez commencer hard parce que « Angel » réveille la bête en vous. Mais ne vous inquiétez pas, si vous tenez jusqu’au bout de l’album, vous aurez fait toute la longueur du spectre. Quinze fois.
  • Titre climax : « Inertia Creeps« , particulièrement quand Del Naja répète dans un souffle « she comes… ».
  • Accessoire conseillé : deux enceintes Devialet Phantom, parce que vous êtes un vrai amoureux du son avant-tout.

8/ Nicola Cruz – Prender el Alma

[ZZK Records] (2015)
Par Jean-Paul Deniaud

 

LE disque à passer avec cette inconnue d’un soir, venue, faussement ingénue, dans l’antre du loup, une délicate bouteille de moelleux à la main. Ondulant sur les vagues tièdes du disque, les langues et les corps se délient, voluptueusement. Et tout en se racontant nonchalamment, et faussement intéressés, l’histoire de nos vies, on se surprend à tendre tout naturellement l’un vers l’autre, passant, enivrés, du rire aux armes.

  • Endroit idéal : dans tout type d’appartement exigu de ville, à la lumière jaune d’une lampe de chevet qui hésite entre rester un vieux souvenir d’enfance et partir à la déchetterie.
  • Moment idéal : en semaine, entre 23h et minuit, la fatigue de la journée stimule la langueur et, bientôt, tout n’est qu’un songe.
  • Intensité : soft to medium.
  • Titre climax : « Colibria« .
  • Accessoires conseillés : un de ces grands verres à vin au pied interminable, et un paquet de clopes plein.

9/ Roni Size & Reprazent – New Forms

[Talkin’ Loud] (1997)
Par Smael Bouaici

13 titres pour différents tempos, des slaps de film porno et « Heroes » pour combler la mélancolie postcoïtale. Musique modulable pour plaisir palpable.

  • Endroit idéal : moquette, matelas, mur pas trop rêche.
  • Moment idéal : le matin.
  • Intensité : downtempo/fast style.
  • Titre climax : « Brown Paper Bag« .
  • Accessoires conseillés : mains, doigts.

10/ Andy Stott – Luxury Problems

[Modern Love] (2012)
Par Jonathan Evrard

La première fois que j’ai écouté cet album, je n’avais pas du tout envisagé son potentiel charnel. En réalité, ce n’est pas moi qui ai choisi Andy Stott cette nuit-là, il s’est imposé tout seul. J’étais allongé avec ma copine sur son lit, à écouter de la musique en papotant et fumant des clopes. Puis, quand le moment est venu d’arrêter de discuter, mon iPod a mis « Sleepless ». C’est drôle comme la vie est bien faite.

  • Endroit idéal : dans la minuscule chambre de bonne de la fille qu’on vient de rencontrer.
  • Moment idéal : en pleine canicule estivale, fenêtres ouvertes, draps au pied du lit.
  • Intensité : c’est le moment d’envisager des choses inenvisageables.
  • Titre climax : pour peu que votre partenaire soit ouvert(e) d’esprit, laissez donc « Up The Box » imploser.
  • Accessoire conseillé : un cœur bien accroché.

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